Avec le verre comme langage, il raconte la poésie de l'agriculture.
La naissance de Harvest est un dialogue artistique enraciné dans la terre et remontant à la civilisation. J'ai ancré la forme du vase avec le sorgho comme point focal visuel, j'ai utilisé des dégradés de teintes pour dérouler le rythme du temps et j'ai invoqué l'ADN traditionnel grâce au moulage à la cire perdue. Mon objectif était de transformer ce vaisseau statique en un porteur vivant de la mémoire agricole, de l’air du temps et de la sagesse artisanale.
I. Le sorgho : traduction poétique de la culture au symbole culturel
Le sorgho a été choisi pour incarner le code spirituel de la civilisation agraire chinoise : un témoin du cycle « semailles de printemps et récolte d'automne » des terres du nord. Ses tiges sont hautes comme l’épine dorsale inflexible de la vie, tandis que ses oreilles tombantes reflètent le caractère humble de l’abondance. Les pointes rouges ardentes évoquent à la fois une vitalité mature et la métaphore populaire des « jours prospères ». Dans ma création, j'ai abstrait l'image collective du sorgho dans un langage tridimensionnel : des tiges transformées en supports verticaux pour le corps du récipient, tandis que des grappes de grains rassemblées en bouquets floraux sur le bord. Cela transcende la fonction utilitaire du conteneur, ce qui en fait un récit tangible de « la terre portant des fruits ». Lorsque les spectateurs le regardent ou le touchent, ils semblent sentir la chaleur des grains frôler le bout de leurs doigts, évoquant l'empathie pour le labeur de « la sueur qui coule sur le sol sous les récoltes » et la gratitude pour la générosité de la terre.
II. Couleurs dégradées : une symphonie chromatique du temps et de la vie
La transition de la bouteille, de l'or chaud à la base au pourpre au bout, traduit visuellement le cycle de vie « croissance-maturité-récolte » :
- L'or chaud à la base, comme la brume sur les champs aux premières lueurs de l'aube, symbolisant l'espoir et la dormance pendant la culture ;
- Le jaune orangé de la partie médiane reflète le soleil intense de midi, reflétant la croissance vigoureuse des cultures à mesure qu'elles poussent vers le haut ;
- La pointe pourpre, comme les teintes du coucher du soleil baignant les vagues de céréales, marque le summum de la maturité et de la récolte.
Ce dégradé n’est pas simplement une superposition visuelle mais une expression incarnée de la vision du monde chinoise de « l’unité du ciel et de l’humanité » – transformant un vase statique en un récipient qui coule au rythme des cycles saisonniers, traduisant la sagesse agraire de « s’aligner sur les saisons » en vers tangibles de couleur.
III. Fonderie à la cire perdue : double valorisation de l'artisanat traditionnel
En tant que technique de base de l'art du verre, le moulage à la cire perdue insuffle à Harvest une âme et une texture, réalisant une double percée en matière de « détails respirants » et de « symbiose des couleurs » :
(1) Détail : Les tremblements de la vie au niveau micronique
Les épis de sorgho nécessitent des moules en cire fondue en couches : la rondeur dodue de chaque « grain » dépend du contrôle de la tension d'écoulement de la cire ; La précision des veines des feuilles teste la précision de la gravure des moules métalliques. La logique soustractive du moulage à la cire perdue (faire fondre la cire, verser du verre fondu) libère les formes microscopiques de la froideur de la réplication mécanique, générant l'illusion dynamique de « vagues de grains balayées par le vent » : les pointes ondulantes et les feuilles enroulées semblent respirer dans la lumière et l'ombre.
(2) Couleur : Symbiose naturelle dans le feu du four
Lors de la coulée à la cire perdue, les pigments fusionnent et pénètrent à haute température, libérant ainsi les dégradés de la division mécanique. Les halos ambrés où l'or et le rouge se rencontrent sont des collisions fortuites entre les éléments de cuivre et la matrice de verre dans le four à mille degrés, imitant parfaitement l'exposition inégale au soleil qui confère aux cultures leur texture authentique. Ce « chaos contrôlé » insuffle à l’artisanat artificiel une vitalité naturelle, un peu comme le sorgho qui supporte le vent et la pluie, se prélasse au soleil et développe finalement ses teintes vibrantes en plein champ.
IV. Au-delà du vaisseau : résonance entre civilisations anciennes et nouvelles
Harvest se présente finalement comme une « expression contemporaine de la tradition » : l’essence spirituelle du sorgho est revitalisée grâce à la translucidité du verre, tandis que les dégradés de teintes utilisent le temps comme un pinceau pour peindre la poésie de l’agriculture. La fonte à la cire perdue fait revivre des techniques anciennes endormies à l’ère moderne. Lorsque la lumière filtre à travers le récipient, les ombres ondulantes des épis révèlent non seulement la clarté cristalline du verre et la subtilité de l'artisanat, mais aussi la sédimentation et la renaissance de la mémoire de la terre au cours de l'époque, rappelant que la récolte ne signifie pas seulement l'abondance matérielle, mais aussi la transmission intergénérationnelle des gènes culturels et la vitalité créatrice de l'artisanat traditionnel qui éclate dans un contexte contemporain.
Cette pièce est une convergence harmonieuse de matériaux, d'artisanat et de culture et une réponse artistique à la question « d'où nous venons et où nous allons » : émergeant des replis de la terre, nous voyageons vers la nouvelle lumière de la civilisation.